DEFENSE DE L'HOMME

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de Louis Lecoin

Sous ce titre, dans le premier numéro, nous vous avons priés de nous donner votre avis concernant notre effort : la présentation de la revue et son contenu.

Beaucoup nous ont déjà répondu. Les approbations sont nombreuses, elles forment l'unanimité presque des réponses. Quelques critiques nous ont pourtant été adressées, très amicalement la plupart, et dont nous tiendrons compte dans la mesure du possible.

En janvier, nous désirons laisser à tous le temps de se prononcer, nous porterons à votre connaissance le sens de ces critiques (des anciennes et des futures) et nous nous efforcerons soit de convenir qu'elles sont fondées, soit de légitimer notre façon de voir et d'agir.

Il nous faut pourtant vous expliquer déjà comment nous rédigeons DEFENSE DE L'HOMME.

Je me suis adressé à des camarades, ayant, la plupart, un certain passé, je leur ai soumis un plan de la revue, indiqué les idées que j'entendais y préconiser, les points de vue que je voulais y soutenir, le tout se ramenant à défendre l'Homme constamment -- l'Homme quelle que soit sa nationalité, sa race, son degré d'évolution. --

Si vous êtes d'accord, leur ai-je dit, n'hésitez pas, venez, collaborez sans crainte que vos écrits soient jamais déformés, censurés.

Ils sont tous venus -- d'autres viendront -- avec leur tempérament particulier et leur talent propre. Et cette collaboration donne l'ensemble que vous connaissez.

Je vous avoue que certains collaborateurs m'ont fait tiquer. Assurément, j'ai approuvé le fond de chaque article mais pas toujours les détails.

M'étant juré de ne jamais censurer, je fais confiance aux lecteurs pour qu'ils opèrent eux-mêmes les quelques rectifications utiles. Je fais également confiance aux rédacteurs, qui ne seraient pas tout à fait à la page après dix années de ténèbres, pour qu'ils comprennent que cette revue n'aboutira à ses fins, l'éducation de l'individu et sa défense, que si elle est nette, catégorique et claire sur toutes les questions qu'elle abordera. Je ne fais l'injure à aucun d'eux de croire qu'ils pourraient avoir envie de mettre dans l'embarras le vieil anarchiste que je suis et entend rester, l'impénitent pacifiste qui ne mettra jamais le doigt dans l'engrenage de la guerre.

Si à la longue des collaborateurs s'avéraient impossibles en raison de tendances incompatibles avec la ligne de conduite déjà tracée, je le leur dirais franchement.

Mais, en ce moment, DEFENSE DE L'HOMME en est à ses premiers pas, à la période de rodage.

Louis LECOIN
© Défense de l'Homme n°2, revue mensuelle, Novembre 1948, page 11.