Homme, libère-toi du joug qui te
meurtrit,
Brise tous les carcans et toutes
les entraves,
En laissant aux châtrés du
cur et de lesprit
Lorgueil de crier fort pour
montrer quils sont braves !
Honte à qui, lâchement, sen
va comme une épave,
Abandonnant aux flots son corps
anéanti,
Et dans le dur combat du maître et
de lesclave,
Malheur aux résignés qui
nont jamais rien dit !
Et si tant de martyrs sont pris
dans la tempête,
Lorsque la tyrannie, hurlant comme
une bête,
Pousse vers leur front noble un
sombre appel de mort,
Cest que, face aux
bourreaux, nul peuple ne se lève
Pour clamer sa révolte et pour
briser le glaive
Qui répand leur sang pur sur
lautel du veau dor !
© Eugène BIZEAU (Les Sanglots étouffés)