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Pierre Besnard et le syndicalisme révolutionnaire

Après l'union sacrée durant la guerre de 1914-1918 et la Révolution russe, quelques syndicalistes révolutionnaires changèrent leur position s'agissant de la neutralité syndicale envers les partis et les groupements philosophiques.
" La Charte d'Amiens, rappelait Pierre Besnard dans l'Encyclopédie anarchiste, contient six affirmations capitales, qui sont les fondements du syndicalisme. "
Ce sont :
l'affirmation d'unité ;
l'affirmation de lutte de classe ;
l'affirmation de la nécessité de la lutte quotidienne dans le régime actuel ;
l'affirmation de la capacité d'action révolutionnaire des syndicats ;
l'affirmation d'indépendance et d'autonomie ;
l'affirmation d'action directe et de neutralité envers les partis et les groupements philosophiques. "
Ces principes forment un tout.

Il est clair, continue-t-il, qu'en cessant de respecter l'un ou plusieurs d'entre eux, on ne pouvait que provoquer l'écroulement de l'édifice.
" C'est ce qui s'est produit avec les deux scissions successives de la CGT".
Plus tard, avec la création de la CGT-SR, Pierre Besnard affirma, dans le même ouvrage, que le syndicalisme ne pouvait être neutre :
" Le fait de proclamer la faillite des partis et de leur substituer les groupements naturels de classe que sont les syndicats, implique la nécessité absolue, pour le syndicalisme, de combattre tous les partis politiques sans exception. "
La neutralité des syndicats proclamée à Amiens, en 1906, a été dénoncée, en novembre 1926, par le congrès constitutif de la CGT-SR.
" Cette décision, très controversée à l'époque, même dans nos milieux, n'était pourtant que la conséquence logique de la substitution de la notion de classe à la notion de parti. Il est à peine besoin d'affirmer que les événements actuels, qui démontrent avec une force accrue la carence totale des partis, nous font une obligation indiscutable, non seulement de rompre la neutralité à l'égard des partis, mais encore d'engager ouvertement la lutte contre eux. […] Il se trouvera encore, même dans nos rangs anarchistes, des camarades pour prétendre que cette attitude nous contraint à n'être jamais qu'un mouvement de secte. J'ose leur dire que c'est le contraire qui est vrai. Ce ne sont pas des chrétiens, des radicaux, des socialistes, des communistes qu'il s'agit de réunir dans un mouvement de classe, mais des travailleurs en tant que tels. Nous leur demandons donc de cesser d'être des chrétiens, des radicaux, des socialistes, des communistes, réunis dans un groupement voué à l'avance à l'impuissance, en raison de la diversité des idées de ses composants ­ ce qui est bien le cas actuellement ­ pour devenir des travailleurs, exclusivement des travailleurs aux intérêts concordants. Nous les prions, en somme, d'abandonner les luttes politiques stériles pour les luttes sociales pratiques et fécondes ; de passer de la constatation de fait à l'action nécessaire ; de s'unir, sur un terrain solide, au lieu de se diviser pour des fictions. "

Pierre Besnard


Autres articles :
Le mouvement anarchiste dans les années 30' ; 1924 : l'année syndicale ;
la Charte de Lyon (1926) CGT/SR ;
Le libertaire (journal des anarchistes entre les deux guerres) ;
Le Meeting de la Grange aux belles : les bochévics tient sur les anarchistes (1924)

Déclaration du congrès de Berlin (décembre 1922-janvier 1923)

A lire :
Histoire du journal des anarchistes (Volonté Anarchiste) ; l'éthique du syndicalisme (Pierre Besnard) ; Syndicats ouvriers et révolution sociale (Pierre Besnard)

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